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Et si j’avais connu Edwige avant ?

J’ai rencontré Claire lors de la première édition d’Entrepreneurs Coaching Day à Saint-Ouen. Quelques mots ont suffi pour créer un lien. Son histoire m’a parlé. Son témoignage souligne des points abordés en coaching prénatal et parental. Je lui ai donc proposé d’écrire son histoire pour le partager. Claire m’a confié être ravie de pouvoir contribuer à faire prendre conscience de l’intérêt d’être entouré au moment de devenir parent. En particulier à l’arrivée du premier enfant.

« On se demande tous et toutes ce qui va changer dans nos vies en devenant parents. »

Mon mari et moi avons longtemps désiré notre premier enfant, au point que j’ai parfois le sentiment que ma grossesse a duré largement plus de 9 mois ! Nous avons eu un peu plus de mal que certains, mais rien de dramatique. Et puis, au moment où j’ai appris que j’étais enceinte, c’est comme si tout s’était accéléré. A l’invitation d’Edwige, j’ai essayé de vous retranscrire mon témoignage et surtout ce que j’ai pu ressentir des divers épisodes qui composent notre histoire familiale ces dernières années.

« Je n’avais pas conscience que ce serait cela être maman. »

Des palpitations cardiaques et 30 kilos en plus pendant ma première grossesse.

Sentir encore plus vivement l’absence de ma maman, décédée 2 ans auparavant.

Angoisser pour le mode de garde du bébé, avant la fin du deuxième trimestre. Ne pas accrocher avec la nounou, puis paniquer totalement à l’annonce de l’attribution d’une place en crèche. Ne pas savoir encore à quel point cela allait être décisif dans le développement et le bien-être de ma fille.

S’angoisser, encore, parce qu’elle ne tète pas ; parce qu’elle ne prend pas de poids ; parce qu’elle régurgite ; parce qu’elle ne dort pas…parce que, tout simplement, j’ai toujours l’impression de ne pas faire comme il faut.

Appréhender de devoir reprendre le travail à la fin de mon congé maternité… mais finalement, ne pas m’inquiéter pour les « bonnes raisons ». Je pensais en effet que ce qui serait le plus difficile serait de me séparer de mon bébé. Je ne m’attendais pas à ce que tout ait changé : les procédures, mon rôle et ma place dans l’organigramme. Au point qu’il ne m’était plus possible de travailler dans des conditions satisfaisantes. Disons-le clairement, je n’avais plus ma place au sein de cette structure.

M’entendre dire : « Ben oui, on savait bien que ce serait difficile avec un bébé » …. Être épuisée, de fatigue avec les petites nuits, mais aussi moralement … Sentir que ce n’est pas normal, mais résister… prouver que non, avec un bébé on peut y arriver…. Bébé malade, tout le temps…. On gère, on assume….

Accepter finalement mon état de burn-out maternel. Essayer de prendre du temps pour me reconstruire. Bébé deux qui arrive, un peu par surprise. Devoir gérer un enfant qui, décidément, est tout le temps malade.

Fragile ? Une alerte. Deux alertes. Finalement, la crèche insiste : cette petite fille est comme « arrêtée dans son développement ». Accompagner sa fille à droite, à gauche, partout. Pour qu’elle apprenne à se retourner seule. Pour qu’elle apprenne à marcher. Pour vérifier ceci, pour essayer de comprendre cela.

Passer au stade où ce n’est plus vraiment vous qui prenez les rendez-vous, mais les médecins qui vous convoquent. Tomber sur des médecins, qui, au lieu de reconnaître qu’ils ne savent pas, préfèrent vous culpabiliser « Mais elle va bien votre fille. Vous vous occupez d’elle avec votre dépression ? ».

Partir en vacances. Pour souffler, un peu. Pas longtemps, mais changer d’air à l’étranger. Devoir finalement faire appel à un médecin là-bas… et là, le choc ! Avoir enfin une piste de réponse. Une piste qui fait peur : la génétique. Reprendre ce satané marathon. D’autres spécialistes. D’autres réflexions. D’autres combats.

La piste génétique a finalement été confirmée l’été dernier, notre fille a des besoins « spécifiques » comme on dit. Et c’est reparti : l’accompagner à ses nombreux rendez-vous de suivis, s’adapter en permanence à ses besoins, à ceux des médecins et professionnels qui la suivent…la seule chose qui change avec le diagnostic c’est que maintenant on sait que ça va durer.

S’oublier évidemment sur le bord du chemin. En tant que femme, en tant qu’épouse, en tant que professionnelle et en tant que personne, tout simplement.

J’ai parfois le sentiment qu’une tornade balaye ma vie depuis 4 ans, et même plus. Non, vraiment, je n’avais pas conscience que ce serait cela être maman.

« Sans accompagnement, je ne sais pas où je serai aujourd’hui »

N’allez pas croire que je ne suis pas heureuse d’être maman. J’aime mes deux petites filles du plus profond de moi. C’est juste beaucoup plus difficile que ce que je n’aurai jamais imaginé. Cela a véritablement chamboulé ma vie et qui je suis au plus profond de moi.

L’idée n’est pas de témoigner pour me faire plaindre. Bien au contraire. En premier lieu, tout le monde ne connaîtra pas le même parcours, fort heureusement ! Il y aura des histoires malheureusement plus tristes, mais surtout plus simples.

En revanche, je suis convaincue que, chacun à notre niveau, sur des sujets différents, nous connaissons tous un grand chamboulement en devenant parent. Que notre enfant soit malade, avec des besoins particuliers ou non, … être parent, c’est forcément se poser un milliard de questions et, en particulier, avant que le bébé n’arrive et durant les premiers mois de l’enfant. Je suis également convaincue que d’être accompagné avec bienveillance par des professionnels de la parentalité est primordiale, en coaching prénatal comme en coaching parental. C’est ce qui m’a sauvé.

J’ai eu la chance d’avoir croisé sur mon chemin les bonnes personnes, au bon moment: une amie, coach en développement des compétences, qui m’a permis de prendre conscience de mon état d’épuisement professionnel. Elle m’a ensuite accompagnée pour me remettre de mon burn out ; une sophrologue, pour essayer de faire face et de trouver la sérénité ; les professionnels de la crèche, véritablement investis et compétents, qui ont su repérer ce que même le pédiatre ne voyait pas (ma fille était en partie sourde quand même…).

Sans toutes ces personnes, je ne sais pas où je serai aujourd’hui. Je ne sais pas non plus comment aurait évolué ma fille, ni comment j’aurai accueilli sa particularité génétique. J’aurai sûrement continué à penser que je n’étais pas à la hauteur en tant que maman. Je ne savais pas encore que la barre à moi n’était pas installée à la même hauteur que celle des autres parents !

« Et si j’avais connu Edwige avant ? »

Alors, quand j’ai rencontré Edwige et qu’elle m’a présenté en 2 minutes son activité ; « Accompagner les familles depuis le projet de bébé et la première année de l’enfant », cela est forcément venu résonner avec mon histoire. L’attention particulière qu’elle porte à la préparation du congé maternité en entreprise, la prévention de l’épuisement maternel et du burn-out …

Moi qui ressens souvent de la solitude face à tout cela, deux minutes ont suffi pour que j’ai le sentiment d’être comprise par Edwige. Deux minutes pour que sa bienveillance et son écoute m’engagent à me confier et à lui faire confiance. Deux minutes pour que je comprenne combien cela m’aurait aidé de la rencontrer avant.

« Et si j’avais connu Edwige avant ? », voilà ce que je me suis dit en la quittant. Est-ce que cela m’aurait permis d’éviter une situation ou une autre ? Aurais-je compris plus vite ce qui se passait au travail ? Aurais-je pu anticiper le fait que, finalement au fond de moi, je n’avais pas envie d’y retourner non plus ? …Surtout, cela m’aurait-il permis de réaliser que, non, je n’y étais pour rien dans nos difficultés et que oui, contrairement à d’autres parents, on galérait. Est-ce que j’aurai appris à me faire confiance plus tôt ? Est-ce que j’aurai réussi à mieux prendre soin de moi et à moins m’oublier ? ….

Oui. Je suis convaincue qu’Edwige aurait sûrement pu contribuer à tout cela, pour que je puisse me rapprocher plus rapidement de la maman que je souhaitais et souhaite être. On ne le saura jamais et ce n’est pas ce qui compte.

Ce qui compte, c’est qu’elle accompagne aujourd’hui des familles qui peuvent avoir des problématiques similaires. Ils ont beaucoup de chance.

Claire, 37 ans.